Doctorante

Thèse

La survivance du vivant en photographie. La confusion photographique entre le corps et l’objet du mannequin à la robotique, sous la direction de Thierry Dufrêne et de Mélanie Boucher (Université du Québec en Outaouais)

 

Depuis une dizaine d’années, de prestigieux prix en portrait photographique sont remportés par des images qui représentent des robots. Ces désignations ont de quoi surprendre puisque ces concours sont censés être décernés pour la représentation d’un être humain. Le robot étant un objet, la photographie proposée aurait dû entrer dans la catégorie de la nature morte et être disqualifiée du concours. Au-delà de la remise en question des catégories photographiques, les lauréats donnent ainsi des pistes permettent de mieux cerner la perception actuelle du corps humain, si proche des objets inanimés. Une certaine « survivance du vivant » semble resurgir de ces photographies, malgré les tentatives de réification et les essais vains d’humanisation. Les résonnances à d’autres types d’images du passé font également émerger la survivance. Le fantasme de l’animation est présent dans la production artistique depuis l’Antiquité (Ovide, le mythe de Pygmalion) et dans le langage courant depuis 1906, lorsque le terme « mannequin » ne désigna plus seulement l’objet anthropomorphe, mais également la jeune femme élégante vêtue selon la mode de son époque. Le photographe de mode Helmut Newton s’approprie l’évolution de cette définition qu’il décline en fonction des imaginaires sensuels que l’association du corps à l’objet convoque. Le déploiement des technologies portant sur la modification du vivant de ces dernières décennies (chirurgie esthétique, clonage…) s’est accompagné d’un regain d’intérêt pour la corporéité transformée et pour de nouveaux enjeux pour la confusion. Si, dans les arts, le corps performé réifie le vivant par son inquiétante immobilité face aux spectateurs libres de leurs mouvements, la photographie dont fait usage l’artiste Cindy Sherman va plus loin encore en proposant une image inerte qui semble d’une élasticité totale. La représentation du visage semble dotée d’une telle malléabilité, qu’il n’apparait plus que comme une enveloppe humaine vide de subjectivité. La généralisation et le développement des outils numériques ont facilité l’étirement des limites de la représentation humaine. Le photographe Nick Knight s’est concentré sur la persistance de l’impression de vie qui perdure malgré ses transformations à la limite de l’abstraction. À chaque époque, la confusion entre le corps et l’objet fut stimulée par différents enjeux sociaux et politiques, qui entrent parfois en contradiction, mettant en lumière les singularités et les variations de représentations ambiguës entre humanisation et réification. Au prisme des constantes et ruptures inhérentes aux confusions entre le corps et l’objet, cette thèse explore les manières dont le vivant continue de surgit de la pratique de Helmut Newton, de Cindy Sherman et de Nick Knight dans le but de comprendre l’impact de l’inerte sur la représentation et la conception du corps vivant.

Domaines de recherche

  • Histoire de l’art du XXe et XXIe: performance, photographie, mode, art conceptuel
  • Futurité, art engagé, commissariat, féminisme
  • Philosophie, études des arts, histoire
  • Corps, chair, simulacre, anthropomorphisme, objet

Principales publications

  Publiés
  Actes de colloque
Décembre 2022 « Quand la photographie de mode se revêt de la posthumanité », dans Polìticas y narrativas del cuerpo /Politiques et récits du corps / Politics and Narratives of the Body, sous la direction de Lucía Caminada et de Fernando Gonçalves, EUDENE, Secretaría de Ciencia y Técnica, Universidad Nacional del Nordeste, CorrUniversidad Nacional del Nordeste, Universidade do Estado de Rio de Janeiro, Cenerientes, Argentina, Ceneri Rosse, Perudia, Italia, p. 215-232, consultable sur https://eudene.unne.edu.ar/images/PDFs_Descarga/Politicasynarrativasdelcuerpo-FINAL.pdf

 

 
  Novembre 2019  « De la fiction à la science-fiction photographique » dans Science-fiction, prothèse et cyborgs, sous la direction de Jérôme Goffette, actes du colloque Science-fiction, Prothétisation, cyborgisation de l’association Stella Incognita, avril 2018, Paris : BoD, p. 199-215 – https://www.bod.fr/librairie/science-fiction-protheses-et-cyborgs-jerome-goffette-9782322188499

 

 
Revues scientifiques à comité de lecture  
Février 2023 Pour un être nouveau inspiré par le passé, dans Les récits du posthumain, sous la direction de Mara Magda Maftei et de Dominique Viart, Presses Universitaires Septentrion, https://www.septentrion.com/fr/livre/?GCOI=27574100232100

 

 
Février 2022 « Le féminisme spatial selon Iris van Herpen : entre mode, féminisme et écologie », ESPACE art actuel, numéro dirigé par Marie-Pier Boucher, p. 42-10, https://espaceartactuel.com/130-hiver-2022/

 

 
Octobre 2019 « La photographie aujourd’hui : la suprématie de la femme-objet ? », GRAAT On-Line Études sur le genre & Études culturelles #22, numéro dirigé par Régine Atzenhoffer & Margaret Gillespie, Université Le Havre Normandie, Université de Tours, France, http://www.graat.fr/11Ragazzini.pdf

 

 
Décembre 2018 « L’influence des monstres littéraires sur le corps post-humain », MERIDIAN of CRITICISM – Annals of Stefan cel Mare University of Suceava, Romania, Philological Series, no.2, vol.31, numéro dirigé par Daniela Petroşel, Stefan cel Mare University of Suceava, Romania,

http://meridiancritic.usv.ro/uploads/mc_2_2018/I.03.%20Ragazzini%20Jessica.pdf

 

 
Juin 2018 ‘’Max Aguilera Hellweg, Photography from surgery to robotics.’’, Angles The journal | Digital Subjectivities, numéro dirigé par Claire Larsonneur, Université de Poitiers, France,

https://journals.openedition.org/angles/692

 

 
 

Communications passées

Colloques et journées d’études

 
  06 février 2023

 

Collectif 2J2R, Thèse en création#1 – Atelier 1 pour la journée d’études Thèse en création, interprétation ou conception : un objet complexe, organisée par l’ACCRA UR3402, Grazia Giacco et Chiara Palermo, Université de Strasbourg.

 

 
  18 novembre 2022

 

Le corps monstrueux de David Nebreda – une tentative photographique pour la survie, communication pour le colloque Monster(s) on Screen(s). The Sequel, organisé par Dominguez Leiva Antonio, Juliette Fridli, Sébastien Hubier et Lorene Tremerel, Université du Québec à Montréal, Université de Lorraine et Université de Reims

 

 
  18 novembre 2021  Frankenstein ou le photographe moderne, communication pour le colloque L’ombre de Frankenstein ou le pouvoir d’une œuvre, présenté à Montréal, organisé par Jean-François Chassay, Elaine Després et Anthony Morin-Hébert (+ publication prévue pour 2023).  
       
  03-04 juin 2021 Poésie et politique d’une corporéité invisible chez Steve Giasson, communication pour la journée d’étude Représenter le corps absent, présentée à l’Université Paris Nanterre, organisée par Barbara Bessac et Quentin Petit Dit Duhal (+ publication en ligne prévue pour 2023).

 

 
  28 mai 2021 La photographie de mode posthumaniste, une confusion corporelle à l’objet, communication pour le colloque international politiques et récits du corps, comité d’honneur : Jean-Luc Nancy, Judith Butler, Loïc Wacquant, Reinaldo Laddaga, Roberto Esposito https://www.youtube.com/watch?v=rsJMM_0OiP4  
     
21-22 mai 2021 Entre la cire et la chair, les photographies des visiteurs de Madame Tussauds et du Musée Grévin, communication pour le colloque Devenir l’œuvre. Pratiques de chosification des corps dans les expositions et les musées, présenté à Université du Québec en Outaouais, organisée par Mélanie Boucher, Anne Bénichou, Éric Langlois https://devenir-oeuvre.uqo.ca // https://www.youtube.com/watch?v=De-3lUjD6ls

 

 
11 mars 2021 Entrez dans le quotidien de la monstruosité ! La science-fiction dans la photographie de Patricia Piccinini, communication pour le colloque Imaginaires du corps et sensualités imaginées, organisé par Le Laboratoire des Imaginaires (+ publication prévue pour 2023) https://lelaboratoiredesimaginaires.wordpress.com/imaginaires-du-corps-sensualites-imaginees/  

 

Publications scientifiques

Co-directrice de publications
   
Octobre 2023 Avec Quentin Petit Dit Duhal, la revue Écrans, « Refigurer et repenser le corps trans » (titre de travail)

 

Automne 2023 Avec Quentin Petit Dit Duhal, Images Re-vues, « le corps en transition : une réflexion sur la représentation audiovisuelle du corps ambigüe », hors-série numéro 11. https://journals.openedition.org/imagesrevues/11844

 

Printemps 2023 Avec Juliette Bessette et Nicolas Ballet, Les Cahiers du Musée national d’art moderne, « Les cultures visuelles du corps modifié sous influence technologique, 1980-2021 » (titre de travail)

 

Mars 2023 Avec Quentin Petit Dit Duhal, Ex_situ, « Exposer des corporéités hors normes », hors-série spécial anniversaire,  https://revueexsitu.com/numero-a-venir-appel-de-textes/?fbclid=IwAR3xEPm4RAakBOb4u47NaDPOaBK-tw9_iM5I61vjXkAfK6qnkL2jDmtIMx0

 

   

Activités de commissariat 

 
  2024 Co-commissaire avec Mona Greenberg de l’exposition Famille choisie (titre provisoire), artiste : JJ Levine, Galerie UQO.

 

 
  2023 Commissaire de l’exposition Création[tiret]recherche, J2 2R, artiste : Jérémie Roussel, ART-IMAGE et Espace ODYSSÉE, du 07 septembre au 23 octobre 2023.

 

 
  2019 Commissaire adjointe de l’exposition La Robe de chair au Musée National : expositions et reconstitution, avec les commissaires : Mélanie Boucher et Marie-Hélène Leblanc. Galerie UQO, du 15 mai au 22 juin 2019. https://galerie.uqo.ca/expo/20190515 ; https://uqo.ca/nouvelles/33956

 

 

Téléchargements

  • CV Jessica Ragazzini