Sarah Sudres

Thèse en cours

« Un objet à soi ? Collections ethnographiques de voyageuses occidentales, 1850-1914 » sous la co-direction de Rémi Labrusse (HAR) et Monique Jeudy-Ballini (Laboratoire d’anthropologie sociale, Collège de France/EHESS).

À travers une sélection de portraits de femmes qui ont voyagé entre 1850 et 1914, il s’agit de donner à voir des pratiques d’acquisition, d’exposition et d’interprétation des objets dits « ethnographiques » qu’elles ont collectionnés. L’hypothèse est celle de l’intervention du genre dans les pratiques du collectionnisme. L’approche est d’abord monographique, associant biographie et corpus des objets, et prenant pour exemple quatre voyageuses : l’ethnologue américaine Mathilda Coxe Stevenson (1849-1915), l’infirmière et missionnaire britannique Kate Marsden (1853-1931), l’exploratrice française Marie de Ujfalvy-Bourdon (1845-1904) et la peintre et ethnologue allemande Marie Pauline Thorbecke (1882-1971). Dans un second temps, le travail d’enquête sur les méthodes de collecte permet d’inscrire ces collections dans une histoire sociale de la pratique de l’ethnographie. En outre, cette étude se fonde sur une observation approfondie des objets, pour en faire une histoire non seulement sociale et individuelle, mais aussi technique et stylistique. Les productions des voyageuses, surtout écrites (récits de voyages, articles de presse, restitutions de conférences) nous permettent de déterminer un discours sur les objets, faisant d’elles des médiatrices entre plusieurs cultures.

Domaines de recherche

Réception de l’art non-occidental en Occident au XIXe et début du XXe siècle, histoire des sciences et de l’anthropologie, histoire des femmes et de leur pratique du voyage au XIXe siècle, anthropologie de l’art et du rapport aux objets, premières collections occidentales d’art des Aborigènes australiens.

CV Sarah Sudres 2020