Journée d’étude / La circulation des idées dans les mondes de l’art, Revue Marges, 22 février, INHA

Journée d’étude de la revue Marges
La circulation des idées dans les mondes de l’art

Samedi 22 février 2020
INHA, Salle Giorgio Vasari
2 rue Vivienne
75002 Paris (Métro Bourse)

de 9h30 à 12h30 et de 14h à 17h

Les années 1960-1970 ont vu se multiplier les références théoriques en art, en lien avec d’importantes transformations sociales et institutionnelles. Si cette période très « théoriciste » semble s’être refermée, la place des idées dans l’art contemporain est pourtant loin d’avoir décru. Au contraire, les catalogues et les revues spécialisées, les déclarations d’intention des curateurs ou des artistes foisonnent de références à des intellectuels (Agamben, Butler, Deleuze, Foucault, Haraway, Latour, Rancière, etc.) et à des concepts en vogue – de l’anthropocène à l’object-oriented ontology, en passant par les propositions d’esthétiques accélérationniste, décoloniale ou post-internet, pour citer pêle-mêle quelques exemples récents. Réciproquement, philosophes, scientifiques et essayistes sont régulièrement invités à collaborer à des expositions, des formations, des « workshops », etc.
Le champ de l’art contemporain connaît donc une intense circulation d’idées, dont les provenances comme les finalités sont nombreuses et variées. Quelles sont leurs origines et comment se diffusent-elles ? Quels rôles jouent-elles dans les activités, les représentations, les stratégies de légitimation des artistes, des professionnels et des institutions du monde de l’art ? Comment sont-elles affectées par leur passage d’un espace social à un autre (processus de traduction, de vulgarisation, d’adaptation, etc.) ?
Ces questions invitent à examiner les circonstances précises dans lesquels ces échanges intellectuels se produisent ainsi que les agents et les institutions qui les favorisent, en particulier les figures d’intermédiaires qui tirent profit d’être positionnés entre plusieurs champs (entre l’université et le musée ou entre deux espaces nationaux). Identifier les acteurs et les modalités de ces circulations permet en retour d’analyser les stratégies auxquelles elles répondent et les bénéfices qu’elles peuvent apporter à ceux qui en sont à l’origine.
Ces considérations ouvrent aussi une réflexion sur la place, à la fois marginale et hautement valorisée, qu’occupe le champ artistique dans l’économie générale du champ intellectuel. L’art contemporain apparaît en effet aujourd’hui comme un lieu propice à la construction de certaines carrières intellectuelles, selon d’autres modalités que celles du champ universitaire ou médiatique. Certaines notoriétés s’y affirment, des idées nouvelles y émergent et peuvent être ensuite exportées vers d’autres champs. Les mondes de l’art sont-ils susceptibles, à partir de ces « braconnages » théoriques, de devenir à leur tour des foyers de production et de diffusion d’idées au-delà de leurs frontières ?

Téléchargez le programme de la journée d’étude