Journée d’étude du séminaire des doctorant.e.s du HAR / Composition, composition. Figures et espaces du temps, 7 février 2020, UPN

Composition, composition.
Figures et espaces du temps

Journée d’étude transversale du séminaire des doctorant.e.s et jeunes docteur.e.s du HAR

vendredi 7 février 2020
Bâtiment Paul Ricœur, Salle des conseils, 4e étage
Université Paris Nanterre

Dans le cadre des activités organisées par les doctorant.e.s du HAR, une journée d’étude transversale est organisée le 7 février 2020 et propose de s’intéresser aux temporalités de la composition et de son revers : non-composition.

Précisons le terme de « composition ».

  1. Gilles Deleuze et Félix Guattari écrivent dans Qu’est-ce que la philosophie ?[1]: « Composition, composition c’est la seule définition de l’art. La composition est esthétique, et ce qui n’est pas composé n’est pas une œuvre d’art […] la composition esthétique est le travail de la sensation. » Cette citation est extraite du chapitre “Percept, affect, concept”. S’il y a progression en art, c’est parce que l’art ne peut vivre qu’en créant de nouveaux concepts et de nouveaux affects comme autant de détours, retours, lignes de partage, changements de niveaux et d’échelle.
  2. Pour l’anthropologue Tim Ingold, l’espace intermédiaire dont il est question suggère des échanges constants entre « la conception [design] et le faire [making][2]», dans l’effort humain pour la compréhension du monde « partagé entre une physicalité donnée et sa valorisation par l’activité humaine. » Dans les phases de création, il se perd et se gagne quelque chose entre le moment où se forme l’image fulgurante de l’idée dans l’esprit du créateur et la réalisation physique et matérielle sur la toile, sur le papier, sur l’écran. Que se passe-t-il dans cet « entre-deux » ?

Dans Composition, non-composition[3], l’architecte et historien de l’architecture Jacques Lucan déploie une histoire des théories de la composition en architecture, clef de lecture pour comprendre des architectures contemporaines qui, s’affranchissant de la composition, héritière des beaux-arts, tenteraient divers processus (agrégatifs, littéraires, objectifs…) comme autant de dépassements des principes compositionnels.

En prenant pour point de départ ces deux conceptions de la composition, l’une largement esthétique (principe de mise en œuvre artistique, poïesis), l’autre plus précisément formelle (la composition comme principe de hiérarchie et de régularité, de mise en équilibre…), nous proposons d’interroger à nouveau les temporalités et les phases de tout ordre, à travers leurs mises en formes, mises en espaces, incarnations et représentations. S’il s’agit de mettre en jeu l’imaginaire ou l’histoire des groupes au présent, la notion de composition est-elle toujours opérante dans l’élaboration d’un commun ? Compose-t-on les espaces de la mémoire ? Compose-t-on avec les espaces – temps de la création ? Compose-t-on les paysages ? Qu’en est-il de la ville, espace palimpseste mais aussi espace en devenir ? Si ces questionnements peuvent s’envisager pour l’architecture, à l’échelle de la ville comme à celle de l’édifice, qu’en est-il de la scène, de l’écran, du tableau ou encore des espaces virtuels ?  À travers l’étude des formes et des objets incarnant les temps partagés, nous entendons mener une réflexion résolument transdisciplinaire, réunissant chercheurs et doctorants et jeunes docteurs des différents horizons scientifiques et artistiques concernés ainsi que plusieurs intervenants extérieurs.

[1] DELEUZE, Gilles, GUATTARI, Félix, Qu’est-ce que la philosophie ?, Paris, Éditions de Minuit, 1991.

[2] INGOLD, Tim, Faire – Antrhopologie, Archéologie, Art, Architecture, Belleveaux, Éditions Dehors, 2017, p. 138.

[3] LUCAN, Jacques, Composition, non-composition : architectures et théories, XIXe – XXe siècles, Presses polytechniques et universitaires romandes, Lausanne, 2009.

Programme

9h30 – 9h45 Accueil
Salle des conseils, 4e étage, Bâtiment Paul Ricœur, Université Paris Nanterre

9h45 – 10h Ouverture
Florian Bulou Fezard, Anne-Charlotte Depincé, Hubert de Rivals (doctorant.e.s HAR)

10h00 Paysages de l’Oubli
Nathalie Cau (post-doctorante en recherche-création EUR ArTeC / HAR)

10h30 Le paysage « après-coup » du génocide
Annette Becker (Professeure émérite en histoire contemporaine à l’Université de Paris Nanterre – HAR)

11h00 Scarifications
Frank Rambert (Architecte DPLG, Professeur en Théories et pratiques de la conception architecturale urbaine à l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Versailles)

12h – 12h30 Discussion

12h30 – 14h00 Cocktail déjeunatoire
Atelier-discussion autour de la loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR)

14h00 Venise, cité moderne
Hubert de Rivals (doctorant en philosophie – HAR)

14h30 Les images, leurs vies, leurs sorts. Ethnographie dans (et sur) le Musée du Louvre
Daniel Picaro Carlos (Professeur en sciences sociales à l’Universidade Estadual de Mato Grosso do Sul – Brésil)

15h00 L’écran, espace de re-composition de l’archive: sur quelques enjeux des archives en ligne
Gabriele Cepulyte (designer graphique et type designer, doctorante en esthétique – HAR)

15h30 – 16h00 Discussion

Organisation 2019/2020 : Florian Bulou Fezard, Anne-Charlotte Depincé, Hubert de Rivals
Contact : doctorantshar@gmail.com
Carnet du séminaire : https://semidochar.hypotheses.org

Image : Croquis tchouktche représentant les différents chemins dans le monde des morts. Extrait de Bogoras (1904-1909, p. 335). Tim Ingold, Une brève histoire des lignes, Bruxelles, Zones Sensibles, 2012, p.77.