Journées d’études / Moments d’histoire naturelle au cinéma, 15 et 16 juin 2021

Journées d’études
Moments d’histoire naturelle au cinéma

15 juin 2021; 9h30-18h
Maison de la recherche, Université Sorbonne nouvelle – Paris 3 Salle Claude Simon (4 rue des Irlandais, Paris 5e)

16 juin 2021; 10h30-18h
Amphithéâtre de Paléontologie et d’Anatomie Comparée (2, rue Buffon, Paris 5e, Jardin des Plantes)

Inscription obligatoire : https://mypads2.framapad.org/mypads/?/mypads/group/moments-d-histoire-naturelle-au-cinema-o71ah29nk/pad/view/moments-d-histoire-naturelle-au-cinema-rw1ai2996

Ces Journées d’études « Moments d’histoire naturelle au cinéma » se placent dans un contexte de recherches résolument interdisciplinaires. Il s’agira en l’occurrence d’explo- rer l’hypothèse suivante : les fictions du cinéma seraient capables — sous certaines conditions liées aux œuvres elles-mêmes, et davantage encore aux modalités de leur analyse — de façonner des « moments d’histoire ». Précisons d’emblée que c’est l’idée d’une histoire figurative (élaborée figurativement) qui est ici en jeu. Et que ces moments sont irréductibles au principe d’une reconstitution historique : ils adviennent dans des œuvres dont le propos n’est pas de relater ou « peindre » l’histoire. Si le cinéma peut ainsi contribuer à l’histoire par des moyens renouvelés, à quoi tiennent de tels moments, comment les repérer, a fortiori, les construire ? Par ailleurs, l’histoire peut- elle être livrée de la sorte : par bouffées épisodiques, fragments ou morceaux ? Et quelle est la valeur de ces moments au regard de la discipline historienne, aussi bien que des disciplines scientifiques et culturelles relatives à l’histoire naturelle ?

Nos « moments d’histoire » débutent souvent avec l’apparition, au détour d’une séquence, de motifs liés de près ou de loin aux représentations du monde naturel (hommes inclus) : ainsi, un zoo est traversé au pas de course par des personnages qui croisent, au passage, toute une série d’espèces animales (Arabesque, 1966) ; ou bien le récit évoque, en guise de prologue, une expédition paléontologique, des fouilles (Horror Express, 1972) ; ailleurs, l’espace filmique orchestre la confrontation entre différentes images du vivant (Street of Crocodiles, 1986) ; ailleurs encore, des scientifiques écoutent des plantes à l’aide d’un stéthoscope (The Thing from another World, 1951). Or ces motifs, menus détails ou éléments de décor, constituent possiblement les indices d’une « autre histoire » que celle racontée par le film : une histoire seconde livrée sous forme de bribes, que l’analyste reconstituera en la détachant de cette fiction qui la contient pourtant, pour mettre au jour une méditation portant tour-à-tour sur la classification des espèces, les origines de l’homme, la (re)définition du vivant, nos rapports à la nature et la biodiversité.

L’hypothèse des « moments d’histoire naturelle au cinéma » implique, de fait, une inter- médialité — le cinéma ne pouvant pour lors être séparé des « autres iconographies » de l’homme, de la nature, du vivant —, ainsi qu’une interdisciplinarité dont il faut prendre la mesure. Voilà pourquoi, outre l’hypothèse des « moments d’histoire », on s’intéressera également à l’articulation entre l’analyse filmique, d’une part, les discours et les représentations naturalistes (biologie, paléontologie, écologie), d’autre part.

Téléchargez le programme des journées d’études

Organisation
Bruno-Nassim Aboudrar (LIRA, Paris 3)
Barbara Le Maître (HAR, Paris Nanterre)
Jean-Sébastien Steyer (CNRS-MNHN)
Jennifer Verraes (ESTCA, Paris 8)

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